Oeuvres de Pierre Morin

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Approche artistique

Périple

Pierre Morin a toujours ressenti un plaisir intense à regarder, observer, ressentir et finalement voir réellement ce que la lumière révèle, une sorte de transcendance de l’acte de regarder. Il dit que c’est principalement dans l’acte de regarder les choses qui naissent chacune de ses œuvres. C’est une expérience exaltante et un plaisir à la fois. Tout passe par vos yeux et est ensuite amplifié en transformant et rebondissant sur les murs de l’âme. Pour lui, c’est là que «les délices de la vue et les plaisirs de la peinture se confondent». Cette façon de contacter ce qui l’entoure est la base de son approche de l’art figuratif. Il est conscient que la terre artistique a été et est encore cultivée par beaucoup. Même en sachant qu’il laboure très probablement aux mêmes endroits que certains membres du Groupe des Sept, il revient sur ce terrain: la peinture figurative.

La lumière est un autre composant à la base de son approche: la recherche du rôle spécifique de la lumière pour chaque sujet lui procure des sensations intenses. Il admet qu’il n’y a rien de nouveau à mentionner le fait que la lumière est d’une importance primordiale dans l’art visuel. Pour Morin, la lumière reste la vie subtile qui traverse l’œuvre, comme l’énergie de notre corps, le dessin, le sujet, la composition, le rythme, la couleur, tout est conduit par la lumière. Pour lui, allume un quasi-spirituel en peinture.

Pierre Morin est un amoureux de la nature. Il est fasciné par la nature sauvage, la plus intacte et la plus canadienne possible. Cette nature qui est certainement son inspiration la plus significative a souvent été bénéfique pour lui. Certains sont perdus dans la forêt, il s’y retrouve. Cependant, il ne se limiterait pas au paysage, la nature est partout dans tant de variations: dans une ville, dans une pomme, dans des fleurs, dans un corps, bref, la nature est partout, même dans un rêve. Il est très important pour lui qu’aucun sujet significatif ne lui échappe; il ne pouvait pas supporter d’être captif dans un style qui dépend d’un motif ou d’une texture quelconque, ou d’un sujet (toujours le même) ou de toute autre caractéristique limitative du genre. Morin a le choix de peindre la nature illimitée des choses, si un clou le touche, il y a fort à parier qu’il deviendra un dessin ou une peinture.

Dans son travail, le sujet impose le rythme qui engendre la composition. Les couleurs sont sous l’influence de la lumière et de ses émotions, le dessin doit toujours être complet et le geste honnête. Il cherche continuellement la magie que seule une peinture maîtrisée peut créer. Il croit qu’une peinture ne devient une oeuvre que lorsqu’elle est réellement vécue, et quand nous percevons qu’elle nous regarde.

Pierre Morin a étudié les arts visuels à Québec à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, à l’époque où l’École des beaux-arts est devenue l’École des arts visuels de l’Université Laval. Après ses études, il a enseigné l’art à l’école secondaire pendant une courte période. N’ayant pas un fort appel à l’enseignement, ni les conditions pour essayer de vivre purement de son art, il s’est spécialisé dans le design, ce qui lui a permis de sécuriser les besoins d’une famille tout en faisant carrière près de sa réalité d’artiste. Il a choisi un métier en graphisme, illustration et communication. À la fin des années 70, il crée sa propre entreprise de communication graphique où il poursuit sa profession jusqu’en 2007. Pendant ces années, il peint sporadiquement, en même temps que son travail de graphiste, mais cela lui laisse un sentiment d’incongruité. «passe-temps» pour lui c’est un travail indivisible; celui qui est le plus exigeant et rigoureux, rien d’autre ne compte alors.

Il va sans dire que son besoin de peindre ne l’a jamais quitté et puisque notre réalité nous rattrape toujours, il a décidé, au printemps 2008, de suivre son vrai chemin. Depuis lors, il est totalement dédié à son art de peindre et dessiner avec enthousiasme et passion.